Réforme des études de santé 2027 : PASS et LAS remplacés, ce qui change

Réforme études de santé 2027 ou 2028 ? Ce qui change vraiment

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Synthèse en 10 secondes chrono !

La réforme des études de santé vise à remplacer le système PASS/LAS par une Licence Sciences pour la Santé (LSPS) unique. Elle repose sur la proposition de loi Imbert, adoptée au Sénat en octobre 2025. Le gouvernement vise la rentrée 2027, mais les doyens de médecine réclament un report à 2028, jugeant le calendrier irréaliste. En parallèle, le numerus apertus a été supprimé le 17 juin 2025. Le niveau d'exigence des études médicales reste inchangé.

à savoir : les doyens réclament un report à 2028. "C'est irréaliste" déclare madame le Professeur Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyennes et doyens de médecine, au sujet du calendrier actuel (le Quotidien du Médecin, 25 mars 2026)

📝Note

Le constat de la Cour des comptes (déc. 2024)

Le rapport de la Cour des comptes et le rapport sénatorial 2025 dressent un bilan sévère : la réforme de 2020 a atteint ses objectifs quantitatifs (–25 % de redoublements, +25 % de places) mais a créé un système opaque dont ni les lycéens ni leurs familles ne comprennent les règles. Pire : la promesse de démocratisation n'a pas été tenue.

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L'essentiel en chiffres

  • +25% de places en médecine depuis la réforme de 2020 (vs 2017)

  • 230 variantes de PASS et LAS recensées selon les universités

  • 25 départements sans aucune 1re année d'études de santé

  • 8 000 étudiants français en médecine à l'étranger (chiffre doublé depuis 2020)

  • 3 voies actuelles remplacées par 1 seule : la LSPS

  • 2027 : rentrée universitaire d'application nationale

Pourquoi le PASS/LAS est-il remis en question ?

La réforme de 2020 a produit 230 variantes de PASS et LAS selon les universités, rendant le système incompréhensible. Près de 8 000 étudiants ont quitté la France pour étudier la médecine à l'étranger, un chiffre doublé depuis 2020, signe d'une perte de confiance dans le système national français (pas très cocorico).

Une lisibilité catastrophique

Chaque université a appliqué la réforme à sa façon : règles de passage différentes, coefficients variables, contenus disparates.

Le résultat ? : deux lycéens avec le même profil peuvent avoir des chances d'admission radicalement différentes selon leur ville d'études, sans aucune règle nationale claire.

Des inégalités territoriales aggravées

25 départements français ne disposent d'aucune première année d'accès aux études de santé. Les étudiants issus de zones rurales doivent migrer vers les métropoles, avec des coûts logistiques souvent dissuasifs pour les familles aux revenus modestes.

"J'ai dû demander à mes parents de me payer une voiture et louer un appartement pour rejoindre la ville de Tours qui est à 1h30 de chez nous qui habitons un petit village tout au nord du Loiret. Heureusement, ils peuvent se le permettre" nous déclare Clémentine M., étudiante en médecine.

La fuite vers l'étranger comme signal d'alarme

Le doublement du nombre d'étudiants partis se former à l'étranger depuis 2020 est le symptôme le plus lisible d'un système qui a perdu la confiance des familles. C'est précisément l'un des arguments mobilisés par les parlementaires pour accélérer la réforme.

« Le système actuel est trop complexe. Il faut aller vers plus de clarté. » affirme le Professeur Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyennes et doyens de médecine (Conférence des doyens, octobre 2025 - Le Quotidien du Médecin, 25 mars 2026)

La loi Imbert : la base législative de la réforme

La proposition de loi portée par la sénatrice Corinne Imbert (LR), adoptée par le Sénat en première lecture en octobre 2025 conjointement à la concertation nationale lancée par les ministres Rist et Baptiste, constitue la base législative de la réforme. Elle prévoit une voie unique d'accès à dominante santé dès la L1, le retour possible du redoublement, et un accès direct à la pharmacie via Parcoursup.

Texte législatif - Sénat, octobre 2025

Proposition de loi Imbert : Principales dispositions

Mesure

Détail

Statut

Voie unique santé (LSPS)

Licence à majorité d'enseignements santé dès la L1, remplaçant PASS et LAS

En discussion

Retour du redoublement

Possibilité de repasser la 1re année, supprimée depuis 2020

À confirmer

Quotas territoriaux

Loi Neuder (juin 2025) : places fixées selon besoins de santé locaux

Acté

Accès direct pharmacie

1/3 des places via Parcoursup post-bac, sans voie commune santé

Expérimental

Kinésithérapie intégrée

La kiné entre officiellement dans la voie unique / inédit

En discussion

Loi Neuder : déjà actée (juin 2025)

Avant même la réforme PASS/LAS, une première mesure est passée discrètement : la loi Neuder, adoptée définitivement en juin 2025, prévoit que les quotas d'admission en médecine soient désormais fixés selon les besoins de santé des territoires, et non plus par les seules universités. Objectif : former localement pour soigner localement, et réduire les déserts médicaux.

La LSPS : ce que contient le nouveau modèle

La LSPS (Licence Sciences pour la Santé) est une licence scientifique de 3 ans centrée sur biologie cellulaire, biochimie, physiologie, anatomie et biophysique. Elle permet d'accéder aux filières MMOPK avec des paliers de sélection possibles en L1, L2 ou L3. Elle existe déjà à l'UPEC et à Sorbonne Paris Nord, la réforme la généralise à toute la France.

Système actuel

PASS & LAS

  • 2 voies distinctes + LSPS dans quelques universités

  • 230 variantes selon les universités

  • Choix stratégique d'une mineure sur Parcoursup

  • Sélection concentrée fin de L1

  • Lisibilité quasi nulle pour les familles

  • Redoublement impossible depuis 2020

  • Kinésithérapie hors du système harmonisé

Réforme 2027/2028

LSPS généralisée

  • Voie unique nationale harmonisée

  • Programme uniforme dans toutes les facultés

  • Pas de mineure à choisir stratégiquement

  • Sélection possible en L1, L2 ou L3

  • Parcours lisible pour lycéens et familles

  • Retour du redoublement envisagé

  • Kinésithérapie intégrée à la voie unique

Programme scientifique de la LSPS

Discipline

Contenu

Filières concernées

Biologie cellulaire

Mécanismes du vivant à l'échelle cellulaire

Toutes

Biochimie

Processus métaboliques et pharmacologiques

Médecine, Pharmacie

Physiologie

Fonctionnement des organes et systèmes

Toutes

Biophysique

Imagerie, électrophysiologie, biomécanique

Médecine, Kiné

Anatomie

Socle indispensable pour la pratique clinique

Toutes

La pharmacie : un cas particulier

La filière pharmacie bénéficiera d'une mesure spécifique : une expérimentation sur 5 ans permettra à des bacheliers d'intégrer directement le premier cycle via Parcoursup, sans passer par la voie commune santé.

1/3 des capacités d'accueil pourra être attribué à ces étudiants sélectionnés dès le lycée. Objectif : remédier au déficit d'attractivité de la filière depuis 2020.

🔴 Les doyens contre le calendrier 2027

La Pr Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyens de médecine, a déclaré publiquement que le calendrier 2027 est « irréaliste ». Un courrier a été adressé le 25 mars 2026 aux ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur, ainsi qu'aux inspections, réclamant un report à 2028. Source : Le Quotidien du Médecin, Aude Frapin, 25 mars 2026.

Un contexte de tensions depuis novembre 2025

Les doyens et le gouvernement ne s'entendent pas depuis plusieurs mois. Le 25 novembre 2025, la Conférence des doyens avait décidé de se retirer des groupes de travail sur la réforme, jugeant la méthode gouvernementale trop directive. De retour dans la concertation, ils n'en restent pas moins très critiques.

Leurs arguments pour le report

Arguments des doyens

  • Les discussions ne sont pas terminées, aucun consensus n'a été dégagé

  • Une réforme précipitée risque de dégrader la qualité du système actuel plutôt que de l'améliorer

  • Les universités ont besoin de temps pour adapter leurs infrastructures, recrutements et maquettes

  • Plusieurs réformes successives depuis 2020 ont épuisé les équipes pédagogiques

Ce que cela change pour vous

Si le report à 2028 est acté officiellement : les étudiants entrant en PASS ou LAS à la rentrée 2027 resteraient dans le système actuel jusqu'au bout de leur parcours, sans être soumis à la transition. Le gouvernement n'a pas encore répondu officiellement à ce courrier.

La fin du numerus apertus : déjà actée depuis juin 2025

Le numerus apertus a été supprimé par un amendement gouvernemental le 17 juin 2025. Il n'y a plus de quota chiffré imposé par les ARS aux universités pour réguler les admissions en 2e année de médecine. Chaque faculté peut accueillir autant d'étudiants qu'elle est en mesure de former. La sélection ne disparaît pas : elle devient plus qualitative, basée sur le dossier et les résultats.

Ce que ça change concrètement

  • Plus de quota chiffré national : la sélection dépend de la capacité d'accueil de chaque université

  • La régularité des résultats et la qualité du dossier deviennent encore plus déterminants

  • Les écarts entre universités pourraient se renforcer : certaines auront les moyens d'absorber plus d'étudiants, d'autres non

  • En parallèle, la loi Neuder impose que les quotas tiennent compte des besoins médicaux territoriaux

Calendrier : 2027 ou 2028 ?

Le gouvernement maintient officiellement septembre 2027. Les doyens de médecine réclament 2028 et ont mis leur opposition par écrit le 25 mars 2026. La décision officielle n'a pas encore été rendue publique. Les deux scénarios sont crédibles.

✓ 2020 Suppression de la PACES : création du PASS/LAS

Loi OTSS. Résultats positifs sur les redoublements et les places, mais complexité non anticipée.

✓ 17 juin 2025 Fin du numerus apertus

Amendement gouvernemental. Suppression des quotas chiffrés d'admission en 2e année. Sélection qualitative.

✓ Octobre 2025 Loi Imbert + concertation nationale

Adoption sénatoriale en 1re lecture. Annonce conjointe Rist/Baptiste. Début des groupes de travail.

! 25 nov. 2025

Les doyens quittent les groupes de travail

La Conférence des doyens juge la méthode trop directive. Retour dans la concertation quelques semaines plus tard.

🔴 25 mars 2026

Les doyens réclament un report à 2028

Courrier aux ministères. La Pr Laffont : « C'est irréaliste. » Première opposition publique formelle au calendrier 2027.

? Rentrée 2026

Possibles expérimentations (Paris, Île-de-France)

PASS et LAS restent en vigueur. Certaines facultés franciliennes pourraient tester des modalités proches de la LSPS.

★ 2027 ou 2028

Généralisation nationale (date à confirmer)

Gouvernement : 2027. Doyens : 2028. La décision finale conditionnera des milliers de choix d'orientation.

Ce qui change selon votre profil

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Peu impacté

En PASS ou LAS rentrée 2025

Vous êtes dans le système actuel jusqu'au bout. Le principe de continuité pédagogique vous protège. Concentrez-vous sur votre réussite, pas sur la réforme.

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À surveiller

Terminale 2025-2026

Vous entrez en études de santé à la rentrée 2026 (PASS/LAS) ou 2027 (potentiellement LSPS). Le choix du timing sera stratégique. Suivez les annonces.

💡Information

Directement concerné

Première ou moins

Vous intégrerez très probablement la LSPS. Anticipez dès maintenant en renforçant vos bases scientifiques, quel que soit le calendrier définitif.

Ce qui ne changera jamais

Médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique et kinésithérapie restent les filières les plus sélectives de France. La réforme change les règles d'accès, pas le niveau d'exigence. Les étudiants les mieux préparés s'adaptent toujours plus vite aux changements de système.

Comment se préparer dans ce contexte d'incertitude ?

Face à l'incertitude 2027/2028 :

1/ se préparer sur les fondamentaux scientifiques indépendamment du système, ils ne changent pas ;

2/ développer les méthodes de travail des études médicales dès le lycée ;

3/ suivre sante.gouv.fr et Le Quotidien du Médecin pour les annonces officielles ;

4/ ne pas différer sa préparation en attendant la clarification du calendrier.

La règle d'or face à toute réforme médicale

Depuis la suppression du numerus clausus en 2020, chaque transition a confirmé une constante : les étudiants les mieux préparés scientifiquement s'adaptent plus vite, réussissent mieux et souffrent moins des changements de système. Ce n'est jamais la mécanique du concours qui fait la différence, c'est le niveau scientifique, la méthode et la régularité.

Les bases à consolider dès maintenant

Matière

Pourquoi maintenant

Niveau recommandé terminale

SVT / Biologie

Cœur du programme LSPS comme du PASS

16-18/20 en spécialité

Physique-Chimie

Biophysique et biochimie exigent des bases solides

15-17/20

Mathématiques

Biostatistiques, raisonnement quantitatif

14-16/20

Méthodologie

Volume de cours × 5 vs lycée : s'anticipe avant l'entrée

Régularité > notes

Le dilemme 2026 vs 2027 : conseil stratégique

Si vous hésitez : intégrer le PASS/LAS en 2026 (système connu mais en fin de vie) ou attendre la LSPS en 2027/2028 (système plus lisible mais incertain) ? Les deux ont des risques. La meilleure décision se prend avec un conseiller d'orientation spécialisé études de santé, en fonction de votre profil académique et de votre tolérance à l'incertitude.

FAQ complète

La réforme aura-t-elle lieu en 2027 ou 2028 ?

Incertain. Le gouvernement maintient officiellement 2027. La Conférence des doyens de médecine a adressé un courrier le 25 mars 2026 aux ministères réclamant un report à 2028, jugeant le calendrier « irréaliste ». La décision officielle n'a pas encore été rendue publique à cette date.

Qu'est-ce que la loi Imbert et qu'a-t-elle changé ?

La proposition de loi portée par la sénatrice Corinne Imbert (LR), adoptée au Sénat en première lecture en octobre 2025, constitue la base législative de la réforme. Elle prévoit : une voie unique d'accès santé (LSPS), le retour possible du redoublement, la territorialisation des quotas via la loi Neuder, un accès direct à la pharmacie via Parcoursup, et l'intégration de la kinésithérapie dans la voie unique.

Pourquoi y avait-il 230 variantes de PASS et LAS ?

La réforme de 2020 laissait chaque université libre d'organiser ses parcours. Résultat : 230 variantes ont été recensées, avec des règles de passage, des coefficients et des contenus entièrement différents d'un établissement à l'autre. C'est précisément cette fragmentation qui a rendu le système incompréhensible pour les lycéens et leurs familles.

Qu'est-ce que la fin du numerus apertus ?

Le numerus apertus (quota chiffré d'admissions en 2e année de médecine) a été supprimé par amendement gouvernemental le 17 juin 2025. Les universités peuvent désormais accueillir autant d'étudiants qu'elles sont en mesure de former correctement. La sélection reste réelle mais devient plus qualitative : dossier, régularité des résultats, capacité d'accueil de chaque faculté.

La kiné est-elle enfin intégrée à la voie commune ?

Oui, c'est une nouveauté importante. La proposition de loi Imbert intègre officiellement la masso-kinésithérapie dans la future voie unique. Jusqu'ici, l'accès à la kiné passait par des voies très variables selon les régions (PASS, LAS, STAPS ou biologie selon les universités). L'harmonisation vise à mettre fin à cette mosaïque.

Si je commence un PASS en 2026, serai-je impacté par la réforme ?

Non, en principe. Le principe de continuité pédagogique garantit que les étudiants engagés dans un cursus avant la réforme pourront aller au bout de leur parcours selon les règles actuelles. Si vous entrez en PASS à la rentrée 2026, le système PASS/LAS s'applique à vous jusqu'au bout de votre parcours, quelle que soit la date de la réforme.

8 000 étudiants en médecine à l'étranger : pourquoi ?

Selon le rapport sénatorial 2025 et la Cour des comptes, près de 8 000 étudiants français poursuivent leurs études médicales ou paramédicales à l'étranger (un chiffre qui a doublé depuis 2020). Ce phénomène traduit une perte de confiance dans le système national : complexité des parcours, sentiment d'inéquité territoriale, incertitude sur les règles. Réduire cette fuite est l'un des objectifs explicites de la réforme.

La réforme change les règles, mais il faudra tout de même travailler dur

Quelle que soit la date, les bases scientifiques restent la clé. Commencer maintenant, c'est avoir une longueur d'avance dans n'importe quel système.

Sources : sante.gouv.fr · enseignementsup-recherche.gouv.fr · Le Quotidien du Médecin, 25 mars 2026 · Rapport sénatorial 2025 · Cour des comptes, déc. 2024